Yann Eliès : Le bizuth du Vendee Globe, c'est lui

Yann Eliès : Le bizuth du Vendee Globe, c'est lui

Le bizuth du Vendée Globe n’est pas un bleu. Double détenteur du Trophée Jules Verne aux côtés de Bruno Peyron, il s’est forgé un mental de gagneur. Dans moins de deux mois, le marin breton sera seul en mer pour un tour du monde par les trois caps.

 

C’était autour de l’île de Bréhat, une balade en bateau sur le voilier familial. Qui devait démontrer que Yann Eliès est définitivement un garçon charmant. Marin de père en fils si l’on peut dire, et qui connaît son domaine. Il nous attendait au port, nous avait préparé de quoi manger. Nous sommes partis, avons jeté l’ancre, dévoré quelques sandwiches, marché sur la grève et dans le petit bourg. Et puis, il nous a livré quelques bribes de sa vie, de ses projets, de ses envies. Un peu plus tard, nous sommes rentrés à Lézardrieux. Heureux!

 

Chez vous, la mer est une histoire de famille, et votre rapport avec cette région de granit rose est très fort…
Depuis que je suis né, que ce soit avec mes parents ou mes grands-parents, j’ai toujours connu ce pays-là. La pêche aux crevettes, la plongée sous-marine, la chasse aux mulets. Mes grands-parents maternels avaient un bateau et un mobil-home installé sur un terrain
face à la mer, à la sortie du Trieux, presque coupé du monde. Ils y viennent toujours, comme si c’était immuable. Nous, on y allait en vacances. Bréhat, en face, est devenu mon jardin secret ; encore aujourd’hui, j’aime bien m’y ressourcer, évoquer les souvenirs, me remémorer les
moments passés en famille. L’origine de ma passion pour la mer et la voile, elle vient d’ici ; tous les week-ends, on partait de Saint-Brieuc le samedi soir, on montait sur le bateau familial, et on se réveillait à Bréhat. Il faut imaginer notre enfance, à mon frère et moi. Bréhat, sans voiture et une fois les touristes repartis, ça change tout. Tes gamins sont en liberté totale, tu peux les laisser et revenir le soir. Les enfants d’îliens, c’est ça. Tu ne sais jamais où ils sont, mais il
n’y a pas de danger. À part le tracteur qui passe. Ça change tout, même pour les gens qui débarquent à pied ou à vélo: pas de stress, pas de speed. Parfois, aller au petit bourg chercher le pain devient l’objectif de la matinée....

 

Cet article est un extrait du n°442 de Loisirs Nautiques.

 

Achetez et recevez chez vous ce numéro de Loisirs Nautiques.

Loisirsnautiques-magazine.com - Le magazine de la voile hauturière