Dee Cafari, La femme aux deux tours du monde à l'envers

Dee Cafari, La femme aux deux tours du monde à l'envers

 

Seule femme à avoir bouclé deux tours du monde au près, cette ancienne prof de sport qui se présente au départ du Vendée Globe a écrit un livre où elle livre sans pudeur ses peurs et ses souffrances. Un entretien avec une femme de caractère.

 

 

C'est une Anglaise blonde et un peu extravertie, charmante et souriante, décidée à ne parler qu'en français, et utilisant des expressions qu'elle compte bien employer lors des vacations radio à venir. Car Dee Caffari, première femme à avoir réussi le tour du monde à contre-courant, va s'élancer le 9 novembre prochain, comme 29 autres solitaires, à l'assaut du Vendée Globe. Cette ancienne professeure qui a choisi, après la mort de son père, de « vivre ses rêves » entamera alors sa troisième circumnavigation, mais la première dans le bon sens, et à grande vitesse. En attendant, tout en sirotant un coca light, elle est revenue sur ses premières années de tourdumondiste. « J'adore toute ma vie, j'ai fait beaucoup de choses, c'est ça la vie. Cool Raoul. Et puis, marin, je peux vous dire que c'est un bon boulot, relax Max, à l'aise Blaise »... Et elle part dans un grand rire.

Le Voyage impossible, c'est à la fois le titre du livre de Chay Blith, premier marin à avoir bouclé le tour du monde à l'envers, mais aussi, en quelque sorte, votre spécialité puisque ce même voyage, vous l'avez déjà réalisé à deux reprises ?

L'impossibilité, c'est un concept difficile, mais motivant. Au travers de mes deux tours du monde, j'ai simplement prouvé que quand on voulait, on pouvait. On a tous nos propres limites, moi la première, mais je sais aussi maintenant que ces mêmes limites, on peut les dépasser... Ce n'est pas facile, mais c'est gratifiant.

À lire votre livre, on a l'impression que vous n'avez vécu qu'une succession de tempêtes et d'ennui, de peurs et de souffrances. Loïck Peyron dit que c'est très anglo-saxon, tout ça, de raconter ses propres drames de l'intérieur...

Je pense qu'il est important de dire tout ce qui se passe, d'expliquer que le tour du monde à l'envers est une véritable épreuve. C'est tellement facile, au contraire, de raconter les poissons volants, les albatros et les couchers de soleil. En fait, naviguer, c'est dur, et il s'agit juste d'être honnête. J'étais professeure de gym, je suis aujourd'hui une aventurière, j'espère être aussi une navigatrice. Mon histoire est très réelle.

Mais vous êtes un peu masochiste, non ?

 

Cet article est un extrait du n°443 de Loisirs Nautiques.

 

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