Vendée Globe, Comment font-ils quand tout va mal

Vendée Globe, Comment font-ils quand tout va mal

 

En cinq éditions, le Vendée Globe a conquis la ré putation de course la plus dangereuse du monde. Plus de 90 jours de mer en so litaire et sans escale, ce tour du monde est surtout un immense challenge pour les marins et les voiliers. À l'heure où tout semble planifié et maîtrisé, cette co mpétition, des alizés aux cinquantièmes hurlants, reste le théâtre de la quête d'un absolu. Au risque de provoquer, entre ténacité et folie, les plus be lles histoires de marins.

Par Julie Clerc

 

 

Celui que l'on appelle l'extraterrestre garde un souvenir romanesque de son démâtage.

Le 9 novembre 2000, Yves Parlier s'engage dans la quatrième édition du Vendée Globe. Cinq jours plus tôt, malgré les menaces de tempête sur les Sables d'Olonne, il est le seul skippeur à s'opposer au report du départ. Aboutissement de huit années de travail, son 60 pieds Aquitaine Innovations, plan Finot/Conq de 1995, trépigne. À 16 h 11, vingt-quatre navigateurs, deux femmes et vingt-deux hommes, s'élancent bord à bord. Aquitaine Innovations est un voilier novateur, le premier à être équipé de deux énormes barres de flèche en V établies en pied de mât. Optimisé, il est aussi sensiblement modifié in extremis pour répondre à la nouvelle jauge imposée à seulement un mois du départ : le mât, espar rotatif en carbone haut de 25 mètres, accuse les corrections les plus importantes et perd 135 kg. Le 60 pieds se présente au départ à peine terminé et alourdi, avec un volume important sur le pont et un mât extrêmement peu dimensionné. Ce qui s'avérera un handicap fatal. Mais le skipper est en pleine forme. Il est parti pour gagner. Le 17 décembre, un mois après le départ, et 24 heures après le passage des Kerguelen, Yves Parlier est en troisième position. Il affine une belle remontée et charge la chaudière pour revenir sur Michel Desjoyeaux. C'est la fin d'un coup de vent.

trois morceaux de carbone battent contre rouf et pont

Alors que l'Arcachonnais renvoie de la toile, génois, trinquette et grand-voile à trois ris, son pilote automatique rend l'âme. Mais son remplaçant est moins performant : un séjour éclair du navigateur dans le coqueron arrière aura raison de la route du bateau. Dans 7 mètres de creux et 40 nœuds de vent, le départ à l'abattée est violent. Aquitaine Innovations empanne, se couche, et bien qu'Yves parvienne dans l'urgence à choquer les bastaques, le voilier suffisamment raide se redresse et repart, toujours surtoilé. Au bas du premier surf, la machine freine...

 

Cet article est un extrait du n°443 de Loisirs Nautiques.

 

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