Technique : Piraterie, Voiliers, des cibles bien fragile

Technique :  Piraterie, Voiliers, des cibles bien fragile  

Depuis le printemps dernier, les actes de piraterie se succèdent, du Ponant au Carré d'As en Somalie, en passant par le Tiara en Corse. Après une baisse continue de 2000 à 2005, le nombre d'attaques criminelles en mer augmente. De 239 cas en 2006 à 263 cas en 2007. Désormais, le simple voilier fait partie des cibles de choix. Par Julie Clerc et Alexandre Sargos

 

Jean-Michel Barrault, membre de l'Académie de Marine et auteur de Pirates des mers d'aujourd'hui (Éditions Gallimard, 2007) explique :

« J'ai le sentiment d'une aggravation pour les yachts. L'équation est simple, il y en a de plus en plus, et il y a de plus en plus de misère. » Du côté des assureurs, c'est un peu la panique à bord. « En trente ans de carrière, j'ai dû avoir trois cas. Depuis six mois, j'en ai eu le même nombre. Le phénomène devient inquiétant. Ça arrive n'importe où. Il y a eu la Corse récemment, mais aussi un cas au large de Toulon en juillet. » Allain de Lassée, assureur marin bien connu, a vécu une rentrée plutôt chaude. Il était l'assureur de Carré d'As, un voilier dont les deux équipiers ont été libérés des pirates somaliens par un commando, dans la nuit du 14 au 15 septembre dernier.

Venezuela, zone de tous les dangers

Au même moment, un de ses clients était assassiné par balle sur un voilier vers Caraballeda, au Venezuela. Le Ministère des Affaires étrangères rapporte déjà deux décès dans ce pays, des suites d'actes de piraterie, depuis le début 2008. En janvier dernier, un voilier école de l'UCPA y a été attaqué aux abords de Robledal. Un skipper a été grièvement blessé par balle durant l'agression. Le Venezuela, pourtant havre de paix aux époques cycloniques, est devenu la zone de tous les dangers pour les plaisanciers (lire l'interview de l'équipage de Cercamon pages suivantes). Le Consulat de France à Caracas est extrêmement inquiet, et recommande d'éviter certaines zones, comme l'île de Margarita.

José Arocena navigue dans le secteur depuis une vingtaine d'années. « Avec ma femme, nous avons constaté une dégradation continue au fil des années. Il y a des zones très risquées comme la côte ouest de Margarita, Robledal, Tortuga, ou même les Testigos. Il faut bien comprendre qu'au Venezuela, les pirates ont des moyens de déplacement rapides et un gros rayon d'action grâce à une essence quasi gratuite. Ils peuvent surgir d'un peu n'importe où. Se mélange à tout cela le fait que le Venezuela est une des portes de sortie de la cocaïne colombienne. » Guy Trilles y a vécu avec sa femme une triste mésaventure en 2006. « Je faisais, avec mon épouse, une très courte escale dans l'anse de Robledal à bord de notre catamaran de 46 pieds, Capa'Allá. Nous étions trois voiliers au mouillage. La nuit, un bruit de rame nous réveille. Je découvre trois hommes sur une barque en bois, qui se prétendent pêcheurs et me réclament de l'eau. Tout d'un coup, l'un d'eux monte à bord et me met en joue avec un fusil...

   

Cet article est un extrait du n°444 de Loisirs Nautiques.

 

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