Les îles bretonnes surtout en hiver

Les îles bretonnes surtout en hiver

 

  

Siège des thermiques l'été, les îles bretonnes subissent, l'hiver, les dépressions de l'Atlantique Nord. Or, à contre-courant, c'est en morte-saison que certains succombent à leurs charmes. Un bon noroît qui rentre et des îles sauvages à une demi-journée du continent : quoi de mieux pour faire vibrer sa fibre bretonne ? par JULIE CLERC

 

Janvier en baie de Saint-Malo.

C'est exigeant, venteux, inoubliable

Passez le réveillon du 31... cézembre !

Du côté où le soleil se couche, le territoire français se brise en une myriade d'îles baignées par la Manche et l'Atlantique. 17 terres principales, des centaines d'îlots, furieux ou tranquilles, sauvages ou peuplés, aux abords inlassablement redessinés par la marée. Père de famille et régatier, Pierre sillonne le bassin de navigation des Côtes-d'Armor et du Finistère Nord depuis l'Université. Alors, les souvenirs, les « cartes postales fraîches » comme il les nomme, Pierre les évoque à l'envi, presque intarissable. Il est breton, bien sûr, et les eaux de la Manche, c'est surtout en hiver qu'il les savoure. Paradoxalement, à l'époque où il courait Fastnet, Spi Ouest France et championnats de France du Figaro, ce qui semble l'avoir surtout touché sont ces sorties entre étudiants « entièrement dédiées à des bords tirés vers le large, sans autre objectif que celui d'être en mer. » Un vieux proto - Half-Tonner de 8 mètres - amarré dans la Rance et dépourvu de moteur, une navigation dans le canal d'Ille-et-Rance de Rennes à Saint-Malo au rythme de la godille d'un long aviron, une écluse, puis prendre la mer en pointant les îles anglaises. Ils rentrent de nuit, souvent, après avoir doublé l'île de Cézembre qui garde les atterrages de Saint-Malo. Cézembre et ses apparats, le phare du Grand Jardin qui veille sur l'entrée de la passe, le Fort de la Conchée, le Fort Harbour, la Roche aux Anglais et les cailloux autour. En janvier, le temps est rugueux, parfois 30 à 35 nœuds de vent. « C'est là que l'on prend du plaisir, raconte Pierre, on est seul en mer, et l'on admire la cité de Saint-Malo qui apparaît dans la lumière froide. » Au large de la Côte d'Émeraude, aux abords de Cézembre, nul ne navigue. La neige peut s'inviter certains jours ; elle camoufle alors les toits de la ville des corsaires.

 

Cet article est un extrait du n°445 de Loisirs Nautiques.

 

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