Vincent Riou : Le récit d'une galère

Vincent Riou : Le récit d'une galère

Pour Vincent le Terrible, la course s'est arrêtée à Puerto Williams, l'une des villes les plus australes du monde. Mât cassé après le sauvetage de Jean Le Cam, le skipper a néanmoins conservé sa place de troisième... et pu assister à l'arrivée du deuxième concurrent aux Sables d'Olonne. Beaucoup d'amertume, mais la satisfaction d'avoir sauvé son copain.

 

C'est étrange cette manie qu'ont les marins de tout raconter avec une grande sobriété. Nous avons écouté Vincent Riou alors qu'il venait d'assister à l'arrivée d'Armel Le Cléac'h, joli dauphin de Michel Desjoyeaux dans ce sixième Vendée Globe. Vincent, lui, avait d'ores et déjà été classé à la troisième place de cette épreuve qu'il avait remportée il y a quatre ans. Forcé à l'abandon après s'être porté au secours de Jean Le Cam dont le bateau s'était retourné au large du Horn, Vincent avait alors cassé un de ses outriggers, avant de démâter tandis qu'il faisait route vers le Chili pour déposer son ami. Réuni, le jury de la course avait alors décidé de lui décerner la troisième place du classement, à égalité avec celui qui terminerait à cette place aux Sables d'Olonne. Une manière de récompenser Vincent le Terrible... Lequel a accepté de revenir, pour L. Nautiques Magazine, sur les invraisemblables péripéties de sa course.

Aujourd'hui, quel est votre sentiment après avoir accueilli Armel à son retour aux Sables ?

Déjà, ça m'a fait plaisir de le voir rentrer, Armel, il mérite d'être là où il est. Il a été constant dans sa course, dans son effort. Comme les autres, il n'a pas été épargné, il a lui aussi connu les moments délicats qui font l'essence de cette course. Alors, de le voir atteindre l'objectif qu'il s'était fixé, oui, ça me fait plaisir. Il l'avait dit au départ, et il l'a fait de belle manière : je ne sais pas si beaucoup l'auraient vu finir à cette place. Il a donc été fidèle à sa ligne de conduite. Et, c'est à la fin de la course que l'on compte les points.

Un pincement au cœur de le voir arriver au ponton alors que vous êtes rentré en avion ?

Forcément. Voir arriver quelqu'un alors que tu n'es plus en course, ça titille. Il ne faut jamais oublier la satisfaction du travail accompli lorsqu'on termine une course...

 


Cet article est un extrait du n°448 de Loisirs Nautiques.

 

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