Essai : Moody 45 DSe

Essai : Moody 45 DSe

Un seul niveau. Plus de marches entre le cockpit et le carré. Depuis la montée en force des catamarans, les chantiers qui construisent des monocoques se creusent la tête pour décliner la formule magique. Le Moody 45 DSe est le produit le plus abouti de ces recherches. Et sur l'eau, ça donne quoi ? Éléments de réponse. par Emmanuel van Deth

 

Quand le puissant chantier allemand Hanse a repris la marque anglaise Moody, les dirigeants ont mis l'architecte maison, Bill Dixon, au défi : « Dessinez-nous votre voilier idéal », lui ont-ils demandé. Le résultat est déroutant. Il s'agit d'un concept boat qui n'a rien à voir avec les Moody bien sages que Bill a signés jusqu'alors. L'idée-force : pas de différence de niveau entre cockpit et salon de pont. Fini la descente. Convaincus, les responsables marketing misent sur ce voilier très innovant et imaginent de décliner le concept. Pas pour un modèle plus petit comme ce fut évoqué il y a quelques mois, mais un grand 62 pieds qui empruntera la carène du Hanse 630e. L'image traditionnelle et rassurante des anciens Moody est tout de même conservée grâce au développement d'une gamme « classique », qui se veut concurrente des voiliers de croisière nordiques. Revenons à notre 45 DSe (pour Deck Saloon époxy).

Il n'est pas vraiment le premier à marcher sur les plates-bandes du catamaran. Dufour a ouvert le bal il y a dix ans avec les Atoll, mais le design très lourd et un positionnement délibérément « location » ont nui à l'image des bateaux. Tout récemment, Alliaura Marine a relancé le concept avec ses Feeling 55 et 52, même s'il subsiste une différence de niveau entre les deux zones de vie cockpit/salon de pont. Car toute la difficulté de l'exercice est là : comment caser joliment des superstructures qui culminent à près de deux mètres au-dessus du pont ? Bill Dixon a trouvé une solution : remonter artificiellement le franc-bord de la coque grâce à un imposant pavois. Bilan, un voilier massif et haut sur l'eau, certes, mais séduisant. Ajoutez une construction soignée en époxy (plus rigide et plus légère que le polyester, pas d'osmose), un équipement haut de gamme assorti de nombreuses options de confort plus une grande facilité de manœuvres et vous comprendrez pourquoi ce nouveau venu plaît tout particulièrement aux skippers qui ont de la bouteille, désireux de manœuvrer sereinement en équipage réduit. Bref, un voilier révolutionnaire pour marins devenus sages.

Paresseux par petit temps, rapide dès que le vent rentre

Pour se dégager de notre place entre deux yachts imposants, Jean-Luc Chalant, importateur Hanse et Moody, joue de la manette des gaz du 75 chevaux Yanmar, mais aussi des joysticks des deux propulseurs d'étrave. Un jeu d'enfant. Dégagés des jetées du port, nous déroulons la grand-voile (une option) puis le solent. Avec les deux winches électriques, les manœuvres sont extrêmement faciles. Toutes les drisses et écoutes sont canalisées pour déboucher face aux deux postes de barre...

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Cet article est un extrait du n°449 de Loisirs Nautiques.

 

 

 

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