Samantha Davies

Samantha Davies

Pourquoi tant de hargne ?

Elle a crevé le petit écran pendant le dernier Vendée Globe qu'elle a terminé à la quatrième place. Ses petits films qu'elle envoyait à la terre ont fait plusieurs fois le tour d'Internet et des télévisions. Comme un leurre censé cacher une rage singulière à faire avancer son voilier.

 

C'était dans un charmant hôtel parisien, fin avril. Avant, elle a répondu à une journaliste suisse, après, elle avait rendez-vous avec un éditeur pour un projet de livre. Entre, elle a répondu aux questions de Loisirs Nautiques Magazine. Souriante, charmante, drôle, telle que le monde entier a appris à la connaître lors du dernier Vendée Globe, voici donc Samantha Davies, finalement classée quatrième du tour du monde en solitaire.

 

Comment se remet-on d'un premier Vendée Globe ?

 

Alors ça, j'aimerais bien le savoir. Très vite, on se retrouve épuisée, parce que la vie à terre, finalement, elle est plus fatigante que la vie en mer. Une fois arrivée, on est obligé de faire plein de choses, les médias, les sponsors, le public, c'est à la fois plaisant et rigolo, mais exténuant aussi. Ce qui est tout aussi étrange, c'est que pendant deux ans, mon seul objectif, c'était le Vendée. Une fois celui-ci terminé, je me suis retrouvé un peu comme un athlète après les JO. J'étais totalement perdue, je me sentais ailleurs, en me disant que désormais, je devrai tout restructurer de ma vie de marin, trouver d'autres objectifs, repartir en chasse...

 

Qu'avez-vous ressenti en arrivant aux Sables, notamment devant cette foule énorme venue vous acclamer ?

 

En fait, j'avais été prévenue par mon équipe de ce qui allait se passer. Les gens qui m'entouraient durant l'épreuve étaient sans doute plus stressés que moi. Tout le monde me voulait, télé, radios, sponsors... C'était sans fin. Mais c'est quand même bizarre de se retrouver obligée de se déplacer avec des gendarmes pour se protéger de la foule. Comme je suis quelqu'un d'honnête, pendant la course, je n'ai rien caché, et tout d'un coup, me voilà en face de 120 000 personnes qui semblaient toutes me connaître alors que je n'en connaissais aucune. C'est une sensation que je n'avais jamais éprouvée.

 

Vous arrivez troisième, mais finalement, vous êtes classée quatrième. C'est dur à admettre ?

 

Je ne sais pas s'il faut parler de frustration. Je suis arrivée avant Marc (Guillemot), mais avec le jeu des compensations en temps données par le jury à ceux qui se sont déroutés pour porter assistance, il a finalement terminé troisième, et moi quatrième. Vous savez, c'est déjà quelque chose de pas si fréquent que de terminer le Vendée, et je ne voulais pas gâcher la fête en faisant grise mine... D'autant qu'au départ, j'espérais finir dans le Top 10, puis pendant la course, je me suis dit que je pouvais peut-être me placer dans le Top 5...

 

 

Cet article est un extrait du n°450 de Loisirs Nautiques.

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