Osmose : Est-ce la fin de l'angoisse

Osmose  :  Est-ce la fin de l'angoisse

Est-ce la fin de l'angoisse ?

Découverte à grande échelle il y a vingt ans, l'osmose est reconnue aujourd'hui comme un phénomène banalement naturel du vieillissement des coques « plastiques ». Heureusement, les recherches pour lutter contre cette mauvaise nouvelle se sont accélérées. Des chantiers se sont même spécialisés dans ce combat et dans les traitements curatifs ad hoc. Une enquête d'Albert Brel.

 

Tout acheteur de bateau d'occasion en polyester se préoccupe du problème de l'osmose. Depuis longtemps, on sait que ce mal naturel est incontournable, car tous les bateaux en sont atteints. Faut-il pour autant rejeter ce matériau ? Non, pas plus que l'on élimine l'acier parce qu'il rouille, l'alliage parce qu'il s'oxyde ou le bois parce qu'il pourrit. Chaque matériau a ses avantages et ses inconvénients, il suffit simplement d'en être conscient.

L'osmose est un phénomène qui part du principe qu'un liquide peu concentré migre naturellement vers un liquide plus concentré à la condition qu'ils soient séparés par une membrane semi-perméable. À l'image de la sève qui absorbe l'eau à travers les feuilles ou, chez l'être humain, l'eau qui passe dans le sang pour éviter la déshydratation. Dans le nautisme, l'osmose n'est pas nouvelle mais elle a longtemps été méconnue. Dans les années 1970, lorsque l'on remarquait des cloques sous la flottaison, celles-ci étaient attribuées soit à des surcouches d'antifouling soit à une incompatibilité entre eux. Le remède consistait à poncer les cloques, à laisser sécher puis à reboucher avec du braie époxy. Il a fallu attendre les années 1980, et les déboires rencontrés par le chantier Bénéteau sur de nombreux bateaux neufs ou très récents dont les carènes étaient attaquées, pour prendre conscience du phénomène. Pour la première fois, le mot osmose était prononcé. Mais le mal dont souffraient les bateaux de ce chantier n'avait rien de naturel ; cette osmose-là était due à des produits non compatibles (on a parlé à l'époque du catalyseur) qui ont accentué le phénomène. Le chantier a donc traité tous les bateaux atteints avec de l'époxy. Dès lors, quasiment tous les fabricants de peinture ont proposé des produits et des traitements - préventifs et curatifs -, et des chantiers spécialisés ont vu le jour.


 

Cet article est un extrait du n°450 de Loisirs Nautiques.

 

 

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